A propos de la dette

La France connaît un déficit budgétaire depuis 1974. Ce déficit s’est largement accru à compter du milieu des années 80 et a connu une expansion spectaculaire dès lors que les choix fiscaux opérés au plus haut niveau ont été des choix d’allégement de la contribution des entreprises au financement de la dépense publique et de la solidarité nationale. Ainsi depuis 1985, l’impôt sur les sociétés a été peu à peu ramené de 50% à 33% pour le taux normal tandis que de nombreuses dispositions dérogatoires ont été progressivement ajoutées au cadre législatif de cet impôt. Dans le même ordre d’idée, la taxe professionnelle a connu deux réformes essentielles, l’une consistant à réduire de 16% la base d’imposition, l’autre, à compter de 1999, visant à faire disparaître la part taxable des salaires de cette même base d’imposition. A l’arrivée, la seule baisse du taux de l’impôt sur les sociétés représente, depuis 1985, 230 milliards d’euros de moins-values fiscales pour l’Etat, soit le quart de la dette publique négociable actuelle, et correspond pratiquement à 5 années de déficit budgétaire. Au cœur du débat sur la dépense publique, on notera que les dépenses liées aux exonérations sont passées de 6 milliards de francs en 1992 à près de 26 milliards d’euros en 2005. La seule certitude c’est que les capacités financières des entreprises se sont améliorées.