Chartres-Commune : une autre ville est possible

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vendredi 29 février 2008

Interview culture

Pour la République du centre, Claude Simon a accepté de répondre à un questionnaire identique adressé par Thierry Châtelier à tous les candidats à la mairie de Chartres. À paraître le 5 mars.

1. Comment jugez-vous la politique culturelle de l'équipe sortante? A-t-elle été suffisamment ambitieuse? (Réussites, erreurs, oublis)

La politique culturelle de l'équipe Gorges a essentiellement été marquée par une grande ignorance du monde et des finalités de la culture, un mépris affiché pour certains de ses acteurs, et plus généralement par l'absence d'ambition et de projet culturel. Il n'est donc pas étonnant que la ville ait cédé à la pratique des appels d'offre (qui s'apparente à une application des lois du marché à la culture), à la priorité à l'animation (réanimation?) contre l'éducation c'est-à-dire à une conception de la culture comme "attraction" pouvant servir le prestige de la ville et de ses dirigeants. Pendant ce temps les équipements de proximité (bibliothèque de Beaulieu et de la Madeleine, bibliobus, Musées,...) ont été délaissés. Et surtout, les MPT, au rôle irremplaçable dans l'irrigation du tissu culturel, ont été sacrifiées.

2. Comment peut-on améliorer, étoffer, diversifier la programmation théatrale et musicale?

Il convient d'abord d'affirmer des exigences de qualité artistique et sociale: l'accès de tous à la culture est un moteur essentiel du progrès social et humain. Il faut ensuite élaborer un ou des projets concertés avec les acteurs de la vie culturelle (professionnels, associations, enseignants...), et nommer des responsables municipaux qui partagent et soient capables de porter politiquement cette ambition. La programmation dans les structures existantes reviendra à ces responsables, en toute indépendance sur le plan artistique, mais la municipalité s'efforcera d'inciter à une meilleure coordination des programmation au niveau de l'agglomération, en initiant une synergie entre les salles existantes. C'est pourquoi...

3. De nouveaux équipements sont-ils nécessaires pour dynamiser la culture à Chartres?

...avant de programmer la construction de nouveau équipements, nous ferons, avec les acteurs de la vie culturelle, le recensement des moyens matériels et surtout humains. Ici comme ailleurs nous mettrons les hommes avant le béton. Pas d'équipements sans équipes constituées en mesure de les faire fonctionner. La priorité (et peut-être la finalité) est de créer du lien social et humain. Pour nous la culture commence à partir du moment où deux personnes se rencontrent et s'offrent un geste, un objet, une parole... Les MPT peuvent être des lieux pour créer ces simples rencontres. Cela dit, à terme, rien ne nous empêche de penser que sur certains domaines précis ( musiques amplifiées, musée de l'archéologie, de la mosaïque...) des besoins d'extension ou de construction se feront effectivement jour.

4. Comment aider et promouvoir les artistes locaux?

La première exigence est de faire confiance aux artistes, et d'en finir avec la chasse aux sorcières. Bien sûr aussi le subventionnement doit être assuré de façon plus pérenne. Mais surtout, nous aimerions aider les artistes locaux à travailler ensemble, à élaborer des projets partagés (entre eux, et surtout avec la population, la vie associative, le monde de l'éducation). Nous définirons avec eux dans la transparence (par exemple au sein d'un Conseil Culturel), les critères d'attribution des subventions. Nous donnerons priorité à l'éducation à la culture, en favorisant la familiarité de tous avec les oeuvres d'art et en faisant en sorte que les lieux de création soient aussi des lieux d'éveil, de sensibilisation, de formation aux arts et à la culture (non seulement littéraire et patrimoniale, mais aussi scientifique, technique et professionnelle). Aider les artistes (locaux ou non) c'est donc d'abord créer et élargir avec eux des publics, ce peut être aussi une aide plus directe à la création (commande d'oeuvres, par exemple).

En conclusion, nous pensons qu'en matière de culture comme sur d'autres points la ville a un devoir d'innovation et d'ambition: elle peut (re)devenir un acteur essentiel de la vie culturelle à Chartres comme en France, à un moment ou l'Etat se désengage davantage.

pour Chartres-commune

Claude SIMON

mardi 19 février 2008

Culture

Faire du développement des arts et de la culture partagés par tous un moteur essentiel du progrès social

Donner la priorité à l’éducation culturelle pour l’épanouissement et l’émancipation de tous.

  • Favoriser une vraie familiarité entre les oeuvres d’art et la population (rénovation et démocratisation des musées, relance des bibliothèques de quartier et du bibliobus, répartition des activités culturelles sur l’ensemble de la ville)
  • Solliciter les associations, les institutions et le monde du travail pour diffuser la culture scientifique et technique
  • Faire des Maisons Pour Tous des lieux de pratiques culturelles

Travailler à de nouveaux partenariats entre les professionnels et le monde associatif.

  • Reconnaître le rôle irremplaçable des professionnels (intermittents, créateurs…) en les subventionnant
  • Encourager les projets partagés entre enseignants, associations et professionnels de la culture
  • Instituer un Conseil culturel pour élaborer démocratiquement un projet pluriannuel de création, de développement et de gestion des équipements culturels

Créer de nouveaux lieux et habitudes culturels.

  • Favoriser les lieux de simple rencontre dans les maisons de quartier
  • Définir les équipements en fonction des activités et de leur diffusion (musiques amplifiées, bibliothèques de quartiers, musée de l’archéologie, de la mosaïque, de l’école : à défendre ou à créer )
  • Adapter les horaires et les tarifs pour ouvrir la culture à tous
  • Associer aux « animations » de vrais spectacles de rue

samedi 19 janvier 2008

Culture : une action volontariste

A l’heure où les émissions préfabriquées par les mass média audiovisuels deviennent la norme culturelle de référence pour la majorité de nos concitoyens, il appartient aux élus locaux de s’interroger, plus que jamais, sur le sens d’une politique culturelle progressiste.

La culture peut être un vecteur privilégié pour mobiliser des acteurs d’horizons divers autour d’un projet partagé : artistes en résidence, milieu éducatif local, professionnels et bénévoles, élus, habitants… et créer un ciment entre les différentes composantes de la société locale.

Au-delà, investir le champ culturel c’est aussi pour développer le sens esthétique et enrichir l’imaginaire de toutes les strates de la population. C’est contribuer à l’épanouissement et à l’émancipation intellectuelle des citoyens, quels que soient leurs horizons d’appartenance. C’est probablement à partir du moment où ce critère est le premier qui fonde la légitimité de l’intervention municipale qu’une dynamique culturelle plus globale pourra être enclenchée.

Plusieurs champs d’action doivent retenir notre attention.

Sans aucun doute l’éducation artistique est le premier.

L’accès des Français, donc des Chartrains, aux pratiques culturelles est très inégal. En particulier auprès des jeunes, mais pas seulement, il est primordial de créer une familiarité entre l’art, les œuvres et la population. Le second est celui de développer la citoyenneté et de favoriser l’intégration. Le rôle de relais assuré par les associations est incontournable pour attribuer à la culture son rôle social. En fait la place de la culture dans la politique de la ville est révélatrice de la volonté des élus « …de rétablir, dans les deux sens, des circulations entre périphérie et centre. » (Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles). Un projet culturel exprime un certain nombre de choix stratégiques : création, éducation, diffusion, qui pourront être hiérarchisés et organisés dans le temps et l’espace. Il appartiendra aux élus – à l’élu à la culture – de ne pas confondre le contenant et le contenu : ainsi, la construction d’une salle de spectacle n’apportera une réelle plus-value que si elle s’inscrit dans le cadre d’une programmation dotée d’un véritable fil conducteur. Restera à définir le mode de gestion des équipements culturels : plusieurs solutions existent suivant les cas.

2 sites importants : -observatoire-culture.net (Observatoire des politiques culturelles) -fncc.fr (Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture)

AB